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Réflexions

  • Un poney noir en liberté regarde attentivement une personne debout près de lui, dans un pré ombragé

    Mon approche : accompagner sans prendre le pouvoir, à la hauteur des chevaux

    On me demande souvent ce qui caractérise ma façon d’accompagner. Voici ce qui, pour moi, en fait le cœur, que vous veniez pour vous-même, avec votre équipe, pour devenir équicoach ou pour nourrir votre pratique.

    Les chevaux nous montrent la voie

    Les chevaux sont de grands herbivores sociaux. Puissants et sensibles à la fois, ils ont développé une intelligence relationnelle d’une grande richesse. Chacun tient sa place dans le groupe, et cette place compte pour tous. Ils savent poser des limites sans envahir l’autre, prendre soin du lien sans s’y perdre, et vivre ensemble dans un équilibre souvent remarquable. Tout n’est pas doux pour autant : leurs échanges peuvent être vifs, parfois musclés. Ils cherchent à satisfaire les besoins de chacun et ceux du collectif, et privilégient la relation plutôt que le territoire. Et ils perçoivent avec une grande précision ce qui se passe autour d’eux, et en nous.

    Cette intelligence relationnelle pose les bases de ce que j’appelle l’intelligence du lien® : une façon d’être en lien, avec soi, avec les autres, avec le monde. C’est elle qui inspire tout mon travail. Auprès des chevaux, il devient possible de l’explorer, de l’éprouver, et de retrouver en soi une manière d’avancer à la fois puissante et sensible.

    Les chevaux ne sont pas, pour moi, des outils ni un décor. Ce sont des partenaires et des guides, considérés comme des êtres à part entière. Leur bien-être est, à mes yeux, une responsabilité importante.

    Puissant et sensible

    Dans nos sociétés, on oppose souvent la puissance et la sensibilité, comme s’il fallait choisir. Les chevaux, grands herbivores, nous montrent qu’il existe un autre choix.

    L’humain, lui, est omnivore. Il porte en lui deux façons de fonctionner : un mode que j’appelle herbivore, tourné vers le lien, la coopération, le gagnant-gagnant, et un mode carnivore, plus tourné vers la conquête et le territoire. Chacun peut avoir son utilité. Mais le mode carnivore est, depuis longtemps, plus largement valorisé dans nos sociétés, et la force du mode herbivore y est souvent méconnue.

    Une partie de mon travail consiste à rééquilibrer ces deux modes, et à apprendre à mobiliser chacun de la façon la plus adaptée.

    Accompagner sans prendre le pouvoir

    C’est l’ancre de ma pratique. J’accompagne sans prise de pouvoir, même subtile : sans orienter à la place de la personne, sans interpréter pour elle, sans décider à sa place de ce qui est juste pour elle. Je crois que personne n’est mieux placé qu’elle pour le savoir.

    Ce n’est pas pour autant la laisser seule, sous prétexte de ne rien dire. D’ailleurs, on ne dit pas rien. C’est l’accompagner pour qu’elle puisse reconnecter et déployer ses propres ressources, sur son propre chemin.

    Ce choix a un effet parfois surprenant. Sur le moment, il peut sembler qu’il se passe moins de choses qu’avec un accompagnement plus directif, ou dans lequel l’accompagnant donne des conseils et des solutions. Mais d’après ce que j’observe depuis de nombreuses années, ce qui se transforme ainsi est souvent plus subtil, plus profond, et plus durable, parce que la personne s’appuie sur ce qui lui appartient.

    Mon intention profonde est que chaque personne retrouve son plein pouvoir personnel. C’est une orientation que je revendique, et qui guide chacun de mes choix d’accompagnement.

    Plusieurs niveaux à la fois

    Une transformation réelle et durable nécessite souvent, pour moi, de prendre en compte la personne dans son ensemble : la tête, le cœur, le corps, les émotions, l’intuition. Et elle respecte le système nerveux autonome de chacun, qui a besoin de se sentir en sécurité pour s’ouvrir. Rien n’est forcé. L’idée est de respecter le rythme de chacun : j’y suis très attentive, pour ne pas brusquer ce qui n’est pas prêt.

    Concrètement, cela passe par des expériences vécues au sol, auprès des chevaux, par des expériences pratiques entre humains, et par des outils pour comprendre ce qui se joue et l’intégrer au quotidien. Avec de l’humour, de la simplicité et du concret. Et une grande attention à la vulnérabilité, que j’ai fait de l’une de mes spécialités, et à laquelle j’ai consacré une masterclass.

    Un cadre intimiste

    Je travaille en très petits groupes, par choix. Ils permettent de vivre à la fois la richesse du collectif et un accompagnement personnalisé, dans le calme du Parc naturel régional de la Sainte-Baume.

    Des bases solides : Eponaquest et Medicine Horse Way

    Mon approche s’appuie sur deux approches internationales. Eponaquest, fondée par Linda Kohanov, auprès de qui je me suis formée aux États-Unis à partir de 2011. Et Medicine Horse Way, fondée par Carol Roush, dont je suis aujourd’hui le seul Maître Instructeur en France.

    Je les ai fait évoluer au fil des années, à partir de ma pratique, de mes vingt ans d’expérience en entreprise, et de références scientifiques que je continue de suivre de près.

    Je suis aussi engagée activement dans le métier, notamment au sein du SynPAAC, le syndicat professionnel des équicoachs.


    Pour découvrir mon parcours en détail : Qui suis-je ? Et pour vivre cette approche auprès des chevaux : Développement personnel.

  • Carole Thomas, la main posée sur un grand cheval blanc, dans un sous-bois de Provence

    Peur ou vulnérabilité ? La distinction qui change tout

    Face à une situation qui nous met mal à l’aise, nous ne nous disons souvent rien. Et si nous nous posons la question, nous nous disons que nous avons peur. Parfois, nous nous énervons. Rarement, nous reconnaissons que nous nous sentons vulnérables.

    C’est souvent là que tout se joue. Car la peur et la vulnérabilité se ressentent de façon très semblable dans le corps. Pourtant, selon l’approche que je pratique, elles ne disent pas du tout la même chose, et n’appellent pas du tout la même réponse. Les confondre peut nous faire passer, sans le savoir, à côté d’une belle occasion de nous rapprocher de notre être authentique.

    Une émotion est une information

    Dans l’approche que j’ai apprise auprès de Linda Kohanov, elle-même nourrie notamment des travaux de Karla McLaren sur le langage des émotions, et que les chevaux m’ont confirmée jour après jour, une émotion n’est ni bonne ni mauvaise. C’est une information, qui appelle une action. Chaque émotion porte un message.

    Le message de la peur est simple : un danger réel, extérieur, me menace. L’action juste, c’est de me mettre en sécurité.

    Le message de la vulnérabilité est tout autre : une croyance ou un comportement limitant vient de s’activer en moi. Rien ne me menace réellement. C’est une partie de moi qui se croit en danger.

    Un exemple

    Je pense à une instructrice fraîchement diplômée, très inquiète à l’idée d’animer son premier atelier. Elle disait : « J’ai peur. »

    Mais les participants n’allaient pas l’attaquer. Aucun danger extérieur ne la menaçait. Le danger était à l’intérieur, fabriqué par une croyance du type « je ne suis pas à la hauteur, je vais être ridicule ». Ce n’était pas de la peur. C’était de la vulnérabilité.

    Pourquoi cette confusion coûte cher

    Si je traite une vulnérabilité comme une peur, j’applique la mauvaise réponse : je me mets à l’abri. Par exemple, j’annule l’atelier.

    Sur le moment, c’est un soulagement. Mais je passe à côté de l’expérience qui aurait pu me montrer que j’en étais capable. La croyance sort renforcée. Les fois suivantes risquent d’être plus difficiles encore, et ma zone de confort, probablement plus étroite.

    Car la zone de confort n’est pas l’endroit où l’on grandit. C’est l’endroit où nos croyances limitantes se sentent en sécurité.

    À l’inverse, traverser sa vulnérabilité peut élargir considérablement notre conscience : de nous-mêmes, des autres, du monde. À condition de savoir la gérer avec justesse, pour que l’expérience soit constructive.

    Pourquoi c’est si inconfortable

    Si c’était si simple, nous le ferions tous. Mais la vulnérabilité est profondément inconfortable. La croyance qui vient de s’activer fait tout pour nous convaincre que nous serions tellement mieux à l’abri. Et dans nos sociétés, paraître faible est souvent vécu comme dangereux. C’est aussi pour cela que la vulnérabilité se déguise parfois en colère : il arrive que l’on s’énerve, alors que c’est notre vulnérabilité qui parle.

    Il y a, derrière cet inconfort, des mécanismes que l’on peut comprendre, et que les chevaux, grands herbivores, éclairent d’une façon particulièrement juste. Je les détaille dans ma masterclass.

    Ce que les chevaux nous apprennent

    Les chevaux perçoivent une grande part de ce qui nous habite, y compris ce dont nous n’avons pas conscience. Grands, puissants, ils nous placent naturellement, à leurs côtés, dans une zone de vulnérabilité. Et c’est précisément cette zone qui est propice à l’apprentissage.

    Auprès d’eux, il devient possible de reconnaître ce qui se joue, et d’apprendre peu à peu à habiter sa vulnérabilité sans paniquer. C’est ce que nous vivons ensemble dans mes programmes.

    Bien traitée, la vulnérabilité n’est pas une faiblesse. C’est une opportunité de nous reconnecter à notre authenticité.


    Pour aller plus loin, je vous propose ma masterclass La vulnérabilité (1 h, en accès libre). Et pour la vivre auprès des chevaux, le Programme NOW.

  • Carole Thomas avec ses 2 chevaux

    Supervision des équicoachs : pourquoi se faire accompagner quand on accompagne

    Accompagner avec des chevaux est souvent un métier choisi avec passion. C’est aussi une responsabilité. Je supervise des équicoachs depuis 2015, et j’observe combien un regard extérieur, et la possibilité d’échanger, avec quelqu’un ou au sein d’un groupe, peuvent changer la qualité des accompagnements, et la sérénité de ceux qui accompagnent.

    Une responsabilité, envers les humains et envers les chevaux

    Les personnes qui viennent vers nous nous confient quelque chose de précieux. Un particulier, un moment de sa vie, ses questions, parfois ses fragilités. Une équipe, ses enjeux, ses tensions, ce qu’elle a du mal à dire ailleurs. Dans tous les cas, ils s’en remettent à nous avec une confiance et une authenticité qui ont une vraie valeur. Le cheval, lui, n’a pas directement choisi d’être là. Être à la hauteur de cette confiance, et à la hauteur des chevaux, demande selon moi une pratique à la fois éthique et exigeante.

    Ce qui peut fragiliser un accompagnement

    Les écueils sont nombreux, et aucun accompagnant n’en est à l’abri, moi comprise. Concevoir une séance ou un programme vraiment adapté à la personne ou à l’équipe, et à leurs objectifs. Tenir sa posture dans une situation complexe ou très chargée émotionnellement. Gérer sa propre vulnérabilité autant que celle de ses clients. Prendre en compte le cheval dans sa globalité. Faire face aux imprévus, puisque nous travaillons avec du vivant : des humains, des chevaux, la météo. Chacun de ces paramètres peut, à un moment ou à un autre, émousser la puissance d’un accompagnement.

    Il y en a un auquel je suis particulièrement attentive : les prises de pouvoir subtiles. Une question qui oriente, une interprétation posée trop vite, l’envie de soulager plutôt que de laisser la personne trouver son propre chemin. Le plus souvent, elles sont involontaires. Accompagner sans prise de pouvoir, même subtile, est au cœur de ma pratique, et c’est l’une de mes spécialités en supervision.

    « Il est sûrement plus confortable de rester dans ses travers, dans les prises de pouvoir subtiles, dans un coaching qui plaît sur le coup. […] Cela demande de travailler davantage sur ses fonctionnements, c’est plus dur, plus long, plus inconfortable… mais je ne me verrais pas prendre un autre chemin. Et je ne pourrais jamais le prendre seule. »

    Mélanie, équicoach

    Pourquoi c’est difficile à voir seul

    Tous ces écueils ont un point commun : ils sont difficiles à voir de l’intérieur.

    Nos métiers sont souvent solitaires. La plupart d’entre nous travaillent sans collègue pour leur renvoyer ce qu’il observe. Petit à petit, l’isolement peut entamer notre motivation, notre enthousiasme, et même notre discernement sur nous-mêmes : on peut glisser sans s’en rendre compte.

    Il y a aussi une frontière délicate, entre bienveillance et complaisance. Ce n’est pas propre à notre métier : en équipe, en management, entre amis, il est souvent plus facile d’éviter de dire ce qui fâche. Dans l’accompagnement, d’après ce que j’observe, la différence entre bienveillance et complaisance n’est pas toujours claire, pour aucun d’entre nous. On peut la comprendre parfaitement en théorie, et ne pas encore la vivre dans sa pratique.

    Enfin, il n’est pas simple de trouver des pairs avec qui confronter sa pratique en toute liberté et en toute sécurité : sans complaisance, et pourtant avec douceur.

    Ce que la supervision peut apporter

    La supervision offre un espace sécurisé pour regarder sa pratique avec lucidité. On y apporte une situation qui nous a bousculés, une question restée sans réponse, un doute, ou simplement l’envie d’un regard plus global sur sa pratique. On en repart souvent avec plus de clarté, plus de confiance, et parfois de nouveaux outils.

    Elle aide aussi à développer une compétence aujourd’hui reconnue comme essentielle dans notre métier : prendre du recul sur sa propre pratique, pour exercer avec intelligence plutôt qu’appliquer des recettes. On peut la développer seul, mais un regard extérieur la facilite et l’accélère beaucoup.

    En groupe, la supervision offre encore autre chose : on avance sur ses propres situations, et on apprend aussi de celles des autres. Chaque question posée dans le cercle éclaire la pratique de tous. Et l’on retrouve ce sentiment, devenu rare dans nos métiers, de faire partie d’une équipe avec qui l’on peut vraiment échanger sur nos problématiques, nos réussites, nos questions : des liens confraternels se tissent entre des pairs qui partagent la même éthique et la même exigence.

    Et au-delà de nous

    Tous les accompagnants n’ont pas pour objectif que chaque personne retrouve son plein pouvoir personnel. Moi, oui, et je l’assume. Je crois que chaque personne qui en retrouve une part apaise un peu les relations autour d’elle, dans sa famille, dans son équipe, dans sa vie, et un peu sur terre aussi : moins de lutte, moins de conflits, plus de respect. Quand on se sent vraiment puissant, on n’a plus besoin de s’imposer pour se montrer fort. Et à l’inverse, nos prises de pouvoir non conscientes, même subtiles, contribuent à faire durer les modèles « carnivores » dans les relations humaines. Je n’ai pas envie d’y contribuer.

    Les chevaux, grands herbivores, puissants et non prédateurs, nous montrent un autre équilibre : celui entre puissance et sensibilité. C’est cet équilibre que je cherche à cultiver, dans ma pratique, dans la supervision, et dans ma vie.


    Vous aimeriez avancer, toute l’année, au sein d’un cercle de pairs éthiques et exigeants ? Je vous présente l’Accompagnement professionnel continu sur la page Supervision.

  • Zèbres et girafes autour d'un point d'eau au Kenya

    Au bord d’un point d’eau : ce que les zèbres nous apprennent du lien

    En février 2026, lors du voyage expérientiel au Kenya « L’intelligence du lien », nous avons assisté à une scène que je n’oublierai pas. Dans la réserve d’Ol Pejeta, au pied du mont Kenya, des centaines de zèbres, des girafes et plusieurs familles d’éléphants se sont succédé autour d’un point d’eau.

    Chacun de nous est resté captivé, dans un moment d’une grande intensité silencieuse. Nous avons choisi de rester. De faire partie de la scène, en conscience, en dérangeant le moins possible. Cela a duré très longtemps.

    Le silence, la concentration, la fluidité

    Ce qui nous a marqués d’abord, c’est le calme. Des centaines d’animaux, et presque aucun bruit. Pas d’agitation, pas de bousculade. Chacun semble savoir où il est, où sont les autres, et quand c’est son tour. Les mouvements s’enchaînent avec une fluidité qui donne l’impression d’une chorégraphie, sans que personne ne semble la diriger.

    Les sentinelles

    Le point d’eau est un lieu essentiel, et un lieu à risque. Pour boire, il faut baisser la tête, se rendre moins attentif à ce qui approche.

    Nous avons vu à l’œuvre l’organisation du groupe : certains individus restent en retrait, la tête haute, tous les sens en éveil. Ce sont les sentinelles. Grâce à elles, les autres peuvent, tour à tour, se détendre suffisamment pour aller boire. Puis les rôles changent.

    Et les rôles ne s’arrêtent pas à la sécurité. Il y a ceux qui motivent, ceux qui emmènent, ceux qui soutiennent, ceux qui jouent. Chaque individu a sa place, et cette place compte pour le collectif.

    Des corps qui perçoivent et qui réagissent

    Ce qui m’a le plus marquée, c’est ce dont leurs corps sont capables. Une agilité impressionnante d’abord : une capacité physique à réagir vite, instantanément, au moindre signal. Et une perception d’une grande finesse. Les zèbres, comme tous les mammifères, nous compris, utilisent leur corps comme une caisse de résonance : pour percevoir ce qui vient de l’environnement, des autres et d’eux-mêmes, et pour émettre à leur tour des informations. Et entre espèces différentes, zèbres, girafes, éléphants, les interactions se jouaient avec la même justesse.

    Un résumé vivant de la communication sentiente

    En un seul moment au bord de l’eau, nous avons vu se dérouler sous nos yeux les piliers de ce que Linda Kohanov appelle la Communication Sentiente : une communication sensible et consciente, qui passe par le corps autant que par les mots. C’est une spécialité de l’approche Eponaquest, dans laquelle je suis certifiée, et elle fait partie de ce que je fais développer dans mes programmes, pour aller vers notre plein potentiel.

    Je ne crois pas qu’il faille calquer nos vies humaines sur celles des zèbres. Mais je me suis surprise, ce jour-là, à me poser quelques questions.

    Dans nos équipes, nos familles, qui veille pour que d’autres puissent se détendre ? Et laissons-nous parfois quelqu’un veiller pour nous ?

    Quelle place prenons-nous dans nos collectifs : celle qui nous ressemble, ou celle qu’on attend de nous ?

    Qui motive, qui emmène, qui soutient, qui joue ? Ces rôles circulent-ils, ou restent-ils figés ?

    Nos corps perçoivent tant de choses : les écoutons-nous ?

    Face à ceux qui sont différents de nous, avons-nous cette même justesse dans nos interactions ?

    Et nous, nous sentons-nous faire partie intégrante de la vie, du monde qui nous entoure ? Quel rapport entretenons-nous avec lui ?

    Les rôles, la place de chacun, la précision, l’interaction. Leur courage aussi. Et la beauté, tout simplement.

    Finement apprenant. Profondément inspirant.


    Ces voyages expérientiels au Kenya ont lieu de temps en temps, autour de l’intelligence sociale des chevaux et des grands herbivores. Pour en savoir plus : Voyage au Kenya.

  • Parlons éthique…

    Depuis quelques temps, je m’autorise à parler de plus en plus de l’éthique qui m’habite. Depuis tellement longtemps.

    Il y a quelques jours, j’ai fait une publication sur la formation pour professionnels du développement personnel facilité par les chevaux selon l’approche Medicine Horse Way, que j’anime depuis 10 ans.

    Ce que je n’ai pas dit dans cette publication, c’est que, au-delà des aspects pédagogiques, du choix du tout petit groupe d’élèves, de l’enseignement non prédateur, etc etc, cette formation s’inscrit aussi dans le cadre de mes valeurs environnementales, comme tous les programmes que j’anime :

    – neutralité carbone, depuis la création de mon activité, il y a 15 ans (et depuis plus de 30 ans à titre personnel)

    – repas bio, végétariens, et avec des produits de saison. Les fruits et légumes sont presque tout le temps achetés en direct à des producteurs locaux.

    – tout ce qui est proposé pour les pauses gourmandes est bio (fruits frais, fruits secs, biscuits, …), chaque fois que possible local ou acheté en circuit court,

    – l’eau est fournie. Une eau de source locale, qui coule dans la Sainte Baume.

    – il n’y a pas de gobelets, ni de vaisselle jetables,

    – le papier est reçyclé, les autres fournitures (classeurs, etc) sont issues de filières protectrices des forêts et/ou sous label environnemental. Sauf exception.

    – les stylos sont fabriqués en bois, source européenne FSC, l’encre est végétale.

    – tous les produits d’entretien sont certifiés Ecocert (ou, au pire, Ecolabel européen).

    – presque tout le mobilier est en matières naturelles ou recyclées,

    – l’électricité vient de sources dites « vertes ».

    Et je dois oublier plein d’autres choses.
    Ce n’est pas parfait, j’ai encore des zones qui ne me satisfont pas.

    Avoir un comportement herbivore, c’est aussi ça : préserver l’harmonie, agir pour l’équilibre et respecter le milieu dans lequel nous vivons.
    Pour être à la hauteur des chevaux.

    Quand je parle éthique, ça parle aussi de ça, et ça parle aussi de moi.

    Au plaisir d’en discuter autour des chevaux,
    Carole

    (avec la participation en photo de mon merveilleux Basswood) 

  • Formation pour devenir Equicoach…

    Le métier d’Equicoach fait souvent rêver.

    Après 15 ans de pratique en tant qu’Equicoach, pionnière en France, formée aux Etats-Unis par le leader mondial Linda Kohanov Eponaquest, après 10 ans à former et à superviser des professionnels de l’équicoaching, et 4 ans à la Présidence du Syndicat Professionnel de l’Equicoaching en France, je ne peux que confirmer qu’accompagner des personnes avec les chevaux ne s’improvise pas.
     
    Ceux qui veulent devenir de réels professionnels de l’accompagnement facilité par les chevaux doivent maîtriser une triple compétence :
    – une compétence d’accompagnement humain
    – une compétence équine
    – une ingéniérie dans la construction de dispositifs d’apprentissage solides
     
    Et, de mon point de vue, les professionnels qui souhaitent pratiquer avec Ethique et Exigence doivent, en plus, incarner ce qu’ils transmettent et avoir la cohérence de baser leur pratique sur l’intelligence non prédatrice des chevaux, puissants herbivores.
    Pour être à la hauteur des chevaux.
     
    La formation Medicine Horse Way, que j’anime depuis 10 ans en France, couvre tous ces aspects.
    Elle s’adresse à celles et ceux qui souhaitent réellement devenir des professionnels de l’accompagnement facilité par les chevaux, éthiques & exigeants, et qui sont prêts à s’engager dans un parcours approfondi.
    Pour être à la hauteur des chevaux.
     
    Ce parcours comprend notamment :
    • 346 heures de formation en présentiel sur 9 mois, dont 172 heures de pratique avec de vrais participants, des chevaux très différents et des infrastructures variées
    • 104 heures de programme expérientiel préalable sur 2 mois
    • groupe restreint de 4 élèves maximum
    • pédagogie basée sur l’enseignement non prédateur des chevaux
     
    La formation inclut les 3 compétences du métier : l’accompagnement humain, la compétence équine et l’ingénierie d’Equicoaching.
    Elle a été développée en lien avec Linda Kohanov et Carol Roush, et continue d’évoluer année après année.
    Elle est directement assurée par moi-même, avec l’intervention d’Instructeurs Medicine Horse Way certifiés et de professionnels de l’équitation éthologique et du comportement des chevaux.
     
    Le processus de candidature est volontairement sélectif et les dates ne sont définies que lorsque le groupe se constitue, afin d’éviter toute logique de « remplissage ».
    Cela fait partie de mon éthique marketing.
     
    Si ce métier vous appelle réellement, je serai heureuse d’en parler avec vous. N’hésitez pas à me contacter directement !
    Au plaisir de vous rencontrer autour des chevaux,
    Carole
  • Choisir les équidés en équicoaching

    Le choix des équidés en équicoaching

    A mes yeux, le choix des équidés avec lesquels l’équicoach travaille doit être un de ses sujets incontournables.
    C’est un sujet sensible, sur lequel les avis et les pratiques divergent encore, un sujet qui revient régulièrement, en formation, en supervision, lors de regroupements de professionnels, etc.
    Et, encore à mes yeux, il demande une grande éthique.
    A la hauteur des chevaux.

    Je prends en compte 3 enjeux, dans cet ordre, pour pouvoir répondre à la question du choix des équidés :

    Enjeu n°1 : la sécurité des humains.
    Cet enjeu prime sur tout.

    Enjeu n° 2 : la sécurité (physique, émotionnelle, cognitive) du cheval – couramment appelée Bien-Etre équin.
    Il prime sur le suivant.

    Enjeu n°3 : les objectifs humains (l’efficacité pour le client de l’interaction d’équicoaching).
    Cet enjeu, de mon point de vue, ne peut être adressé que quand les 2 précédents sont assurés.

    C’est sur ces 3 enjeux que ma pratique repose et c’est aussi ce que j’essaie de transmettre. Et les réponses doivent souvent être pleines de nuances.
    Au regard de mes 15 ans de pratique de l’équicoaching, avec mes chevaux et avec d’autres chevaux, des formations d’équicoachs que j’anime, des expériences des équicoachs que je supervise et des différentes pratiques d’équicoaching dont j’ai connaissance en tant que Présidente du SynPAAC (Syndicat professionnel de l’équicoaching en France) et membre du jury d’accréditation.

    Depuis quelques temps, j’ai le plaisir de conduire un chantier sur ces sujets avec plusieurs de mes consoeurs&confrères et je suis très contente d’imaginer qu’il va aboutir l’année… du cheval !
    Au plaisir d’échanger et d’en dire plus,
    Carole

  • Un petit groupe de stagiaires en formation, assis face à un cheval en liberté, pendant que la formatrice explique

    Comment choisir sa formation d’équicoach : les clés

    « Quelle est la bonne formation pour devenir équicoach ? » C’est l’une des questions qu’on me pose le plus souvent. Et je crois qu’elle n’a pas de réponse unique. Il n’existe pas une bonne formation. Il existe des formations qui seront bonnes pour vous, selon votre projet, et selon un certain nombre de critères de professionnalisme.

    Se former est devenu la norme. L’enquête métier menée par le SynPAAC à l’été 2025 montre que presque tous les nouveaux équicoachs, installés depuis moins de trois ans, sont passés par une formation au métier. Contrairement aux pionniers qui ont défriché ce métier il y a quinze à vingt ans, il est désormais possible d’acquérir les compétences dans une école, et de profiter de l’expérience des formateurs.

    Mais il n’est pas facile de s’y retrouver. À ce jour, le métier n’est pas réglementé en France. Les formations se multiplient, et elles sont d’une très grande diversité : dans leurs objectifs, les compétences transmises, la pédagogie, les prérequis, la durée. Certaines durent quelques jours, d’autres plusieurs mois, voire deux ans. Entre 15 heures et 400 heures de formation, ce n’est évidemment pas le même contenu qui est transmis. Cela ne veut pas dire que l’une est meilleure que l’autre : elles ne s’adressent pas aux mêmes personnes, ni aux mêmes projets.

    Voici les questions qui me semblent essentielles pour s’y retrouver.

    1. Quel est mon projet ?

    Avant de regarder les formations, je vous invite à regarder votre propre projet. Qui êtes-vous, quelles compétences avez-vous déjà ?

    À qui avez-vous envie de vous adresser : des particuliers, des professionnels, des entreprises, des associations ?

    Sur quel type de problématiques : le bien-être, le développement personnel et l’intelligence relationnelle, le développement de compétences professionnelles comme le leadership, ou encore la cohésion d’équipe et le team building ?

    Et selon quelle modalité : en individuel, en animant un collectif, ou en accompagnant un groupe dans une approche systémique ?

    Une formation tournée vers les équipes en entreprise ne transmet pas du tout la même chose qu’une formation tournée vers le bien-être des particuliers. Une fois votre projet plus clair, vous pourrez vérifier la cohérence entre ce que vous cherchez et ce que propose chaque formation.

    2. Quelles compétences la formation transmet-elle ?

    Depuis plusieurs années, les organisations professionnelles du secteur, dont le SynPAAC, travaillent à définir ce métier et à structurer les formations. Elles s’accordent sur trois grands blocs de compétences.

    L’accompagnement humain, d’abord : savoir accompagner une personne ou un groupe.

    La connaissance fine des équidés, ensuite. Il ne s’agit pas forcément d’être cavalier, mais de savoir lire le comportement d’un cheval, savoir le gérer, et assurer une interaction dans les meilleures conditions possibles, pour l’humain comme pour le cheval.

    Enfin, la capacité à concevoir et conduire des activités expérientielles apprenantes, avec des chevaux. On l’oublie parfois : il ne suffit pas d’être coach et cavalier pour exercer ce métier.

    À ces trois blocs s’ajoutent deux compétences que je trouve tout aussi importantes. La capacité à prendre du recul sur sa propre pratique, reconnue aujourd’hui comme un facteur de qualité dans un métier où l’on travaille souvent seul : elle permet d’exercer avec intelligence plutôt que d’appliquer des recettes. Et la compétence d’entrepreneur : la plupart des équicoachs créent leur propre activité, et doivent donc savoir communiquer, vendre et gérer.

    Posez-vous alors la question : où ai-je déjà des compétences, et où dois-je en acquérir ? Si vous partez de zéro sur les trois blocs, vous aurez besoin d’une ou de plusieurs formations qui les couvrent tous, ce qui est rare. Une formation courte, elle, sera souvent spécialisée sur l’un d’entre eux, ou abordera les compétences plus rapidement, en surface. L’important est de choisir en toute connaissance de cause.

    Regardez aussi la cohérence entre la durée annoncée et ce que la formation promet de transmettre : peut-elle couvrir toutes les compétences que vous avez besoin d’acquérir, avec la profondeur que vous souhaitez, en ce temps-là ?

    3. Quelle vision, quelles valeurs, quelle pédagogie ?

    Au-delà du programme, chaque école a sa vision du métier. Certaines sont plutôt intuitives, d’autres plus spirituelles, d’autres plus scientifiques, appuyées notamment sur les neurosciences, d’autres encore mêlent un peu de tout cela. Laquelle vous parle ?

    Les approches diffèrent aussi très concrètement. Quelques exemples parmi les plus fréquents :

    Les outils. Certaines écoles transmettent des interactions avec les chevaux sans aucun outil. D’autres utilisent une longe ou un stick, comme moyen de communication, ce qui ne veut pas dire tenir ou contraindre le cheval.

    La place du cheval. Certaines approches le considèrent comme un partenaire à part entière, et interrogent son consentement : s’il n’est pas disponible, la priorité lui est donnée. D’autres considèrent plutôt qu’un cheval peut interagir à tout moment.

    La façon d’apprendre. Certaines écoles privilégient un apprentissage progressif, pas à pas. D’autres plongent plus directement dans le grand bain.

    La part de pratique. Certaines formations proposent beaucoup de mises en pratique, d’autres beaucoup moins.

    La taille du groupe. Se former à 4 ou à 12 stagiaires, ce n’est pas la même expérience : ni le même temps de pratique pour chacun, ni la même attention de la part des formateurs.

    Il ne s’agit pas de dire qu’il existe une bonne et une mauvaise approche, mais de trouver celle avec laquelle vous vous sentez en cohérence.

    Regardez enfin les valeurs : celles qui sont affichées, et celles qui sont incarnées, par l’école et par ses formateurs, dans leur façon de parler des humains, des chevaux et du métier. Et regardez l’ensemble du parcours proposé.

    4. Comment se renseigner ?

    Quand vous contactez un organisme de formation, demandez le programme, la pédagogie, les prérequis, les tarifs. Renseignez-vous aussi sur l’expérience des formateurs : depuis combien de temps pratiquent-ils, et depuis combien de temps forment-ils ?

    Essayez, si possible, de voir le formateur pratiquer, ou d’expérimenter son approche, par exemple lors d’un atelier. Écoutez-le en interview ou en conférence. Regardez s’il adhère à un syndicat professionnel, et s’il s’est engagé à respecter un code de déontologie du métier, comme celui du SynPAAC.

    N’hésitez pas à parler à d’anciens stagiaires, y compris à des personnes que vous trouvez vous-même, et qui ne sont pas prévenues de votre appel. Là encore, l’idée n’est pas de savoir si elles ont trouvé la formation « bien » ou « pas bien », mais de vous demander : dans ce qu’elles me racontent, est-ce que je me retrouve, moi, avec mes compétences et mon projet ?

    5. Et le prix, le financement, le certificat ?

    Le prix compte, bien sûr. Mais ne regardez pas que lui : une formation de six jours et une formation de cinquante jours n’ont ni le même contenu, ni le même investissement, en temps comme en argent. L’essentiel est de ne pas être déçu, et surtout d’acquérir les compétences qui serviront votre projet.

    Pour être finançable, par exemple par un OPCO, une formation doit être dispensée par un organisme certifié Qualiopi. Cette certification atteste de la qualité des processus de l’organisme, pas du contenu de la formation.

    Pour être éligible au compte personnel de formation (CPF), elle doit en plus être inscrite au Répertoire spécifique de France Compétences. Son certificat est alors officiel aux yeux de l’administration. Mais une formation inscrite n’est pas forcément meilleure : elle répond au cahier des charges de l’État, très orienté vers l’employabilité. C’est pourquoi on trouve peu de formations tournées vers le développement personnel dans ce répertoire, ce qui ne dit rien de leur qualité.

    Un métier qui se structure

    Ce métier est en train de se structurer. Les organisations professionnelles y travaillent, et des communautés de professionnels se créent, où l’on peut continuer à échanger et à se former après la formation. On n’est plus condamné à rester seul dans son coin. C’est aussi un critère à regarder : comment vais-je, ensuite, continuer à grandir dans ce métier ?


    Je forme moi-même des équicoachs, au sein de l’approche Medicine Horse Way. Si vous vous posez ces questions et que vous souhaitez en parler, avec ou sans projet de formation chez moi, n’hésitez pas à me contacter.

  • Le cheval et l’homme – regard personnel sur notre histoire commune

    Le développement personnel et la formation professionnelle facilités par les chevaux s’appuient sur l’incroyable capacité de perception des chevaux (un cheval est capable de sentir un changement de pression sanguine chez quelqu’un situé à plusieurs mètres de lui), associée à leur capacité à réagir dans l’instant présent à ce qui se passe, et à leur capacité à réveiller un état d’être très particulier en nous. C’est ce qui donne le caractère expérientiel des approches facilitées par les chevaux. Avec ces approches, on expérimente. On vit les choses. C’est ce qu’on entend souvent derrière l’expression “le cheval est un miroir” (qui n’est pas tout à fait juste, car en réalité le cheval n’agit pas comme nous).

     
    Le développement personnel et la formation professionnelle facilités par les chevaux gagnent aussi beaucoup à s’appuyer sur la sagesse des chevaux. Le cheval, pour beaucoup de raisons que je prendrais peut-être le temps un jour de détailler par écrit, a développé des formes d’intelligence dont nous, humains, pouvons gagner à nous inspirer : intelligence émotionnelle, intelligence relationnelle, intelligence sociale, relation à la nature, relation à l’univers, etc. Et cela donne une dimension supplémentaire à la puissance du développement personnel et de la formation professionnelle facilités par les chevaux. Car nous vivons aussi avec nous-mêmes, en groupe (famille, amis, équipes, etc) et dans le monde, au quotidien.
     
     
    Mais au-delà de cela, je voudrais parler aujourd’hui de ma vision personnelle du lien entre les chevaux et les humains. Ce lien qui, selon mon ressenti, donne une dimension tout à fait particulière au développement personnel et à la formation professionnelle facilités par les chevaux. Une dimension profonde, subtile et puissante.
    Si on interroge un groupe de personnes en leur demandant “quel est l’animal le plus proche de l’homme ?” La plupart vont probablement répondre spontanément “le chien”. Et c’est vrai que les humains et les chiens se côtoient au quotidien depuis longtemps, vivent dans la même maison, se comprennent plutôt bien. Le chien tient compagnie à l’homme, voire le protège depuis très longtemps.
    Mais si on regarde notre histoire, l’animal qui a eu un rôle fondamental, pendant des millénaires, sur la vie et l’évolution des hommes, c’est le cheval. Dès les 1ers hommes, à la préhistoire, le cheval a servi de nourriture. Puis, lorsqu’il a pu être domestiqué, le cheval a permis à l’homme de transporter ses affaires, donc de commencer à transporter des choses lourdes que l’homme devait laisser sur place avant, ou ne pouvait pas ramener à la maison. Le cheval a commencé à améliorer le confort de vie des hommes. Puis, en se laissant monter sur le dos, le cheval a permis aux hommes de se déplacer plus loin, plus vite, avec moins de fatigue. Le cheval a donc aussi permis aux hommes d’élargir leur territoire. D’adopter de nouveaux styles de vie. De rencontrer d’autres hommes. D’aller et venir. Le cheval a aussi aidé aux travaux des champs. Permettant aux hommes de manger mieux, de se sédentariser. Puis a aidé aux travaux et au transport en général, permettant aux hommes d’améliorer encore leur confort, de développer de nouveaux services, industries, échanges. Puis a aussi été utilisé par les hommes pour faire la guerre. Pour parader. Le cheval rend puissant. Et au cours des millénaires, dans quasiment toutes les traditions, de nombreuses légendes et mythologies ont été créées autour du cheval : epona, poséidon, centaures, chiron, pégase, licornes, et tellement d’autres… Dans ces traditions millénaires, le cheval est aussi souvent considéré comme l’animal qui fait le lien entre les mondes.
    Le cheval est magique, fait rêver, rend puissant.
    Et enfin, depuis quelques dizaines d’années, le cheval est là pour le sport ou le loisir, s’éloignant ainsi du quotidien de la plupart d’entre nous, devenus citadins. Mais la perspective historique permet de sentir la contribution des chevaux envers l’évolution des hommes.
    Pour ma part, je crois que cette longue et incroyable histoire commune a inscrit un lien riche, profond et subtil entre le cheval et l’homme. Et je crois que les chevaux, après avoir passé des millénaires à nous apporter ce dont nous avions besoin extérieurement, peuvent maintenant nous apporter ce dont nous pourrions avoir besoin intérieurement.
    Voilà, c’est ce que je sens, profondément. Depuis longtemps. A nous d’être à la hauteur de ce qu’ils nous proposent maintenant.
     
    Carole
  • Le cheval outil ou instructeur ? Le cheval a t’il le choix ?

    Il y a quelques jours, on m’a interrogé sur les questions suivantes :
    « N’est-il pas égoïste d’utiliser les facultés « miroir » du cheval pour notre propre bien-être ? » « N’est ce pas notre devoir de tenir le cheval loin de nos tracas pour le préserver ? »
    Ce sujet m’ayant moi-même interpellé pendant longtemps : « Quel est l’impact sur le cheval des interactions humain-cheval. S’il y en a un, peut-on l’imposer au cheval ? A quelles conditions ? », j’ai eu envie de vous partager ma réponse.

    Sur ces sujets, pour avoir étudié plusieurs approches et pour avoir pratiqué avec Linda Kohanov, je me suis forgé ma propre conviction personnelle, mon propre ressenti. Et c’est d’ailleurs quand j’y suis arrivée que j’ai pu réellement me décider à aller plus loin. En aucun cas je n’aurais accepté d’adopter une pratique qui puisse nuire aux chevaux.

    Comment répondre en quelques mots les plus factuels possibles, sachant que je pourrais aller beaucoup plus loin dans mon ressenti personnel :

    1/ Un outil ou un Instructeur :  comment est considéré le cheval ?

    Dans beaucoup d’approches dites d’ »équicoaching » ou d’ »équithérapie » ou d’ »apprentissage facilité par les chevaux », le cheval est clairement considéré comme un outil.
    Je ne partage pas cette position.
    Une des réelles spécificités de l’approche développée par Linda Kohanov est que le cheval est considéré comme un être conscient à part entière, qu’il est réellement considéré comme l’Instructeur de ce qui se passe avec l’humain. Il est acteur, pas exécutant. Et l’ »instructeur Eponaquest humain » lui n’est là que pour apporter le cadre, les moyens et mettre en place l’espace qui va permettre que les choses se passent. Qui va permettre que le cheval-instructeur s’exprime.

    Et cela n’a rien à voir avec le fait d’utiliser le cheval comme un moyen, un outil, dans lequel l’instructeur humain organise, coordonne et traduit ce qui se passe.

    Ce n’est pas simple à expliquer, à « démontrer » par écrit mais, selon moi, cela fait beaucoup de différence. L’impact sur le cheval, être sensible par excellence, est totalement différent.
     

    2/ Le cheval a t’il le choix ?

    Là aussi, ma position peut être surprenante mais je la ressens réellement. Les chevaux savent nous montrer s’ils ont envie de « faire ce travail » ou non. Ils savent dire « ce travail m’intéresse », ou « je n’ai pas du tout envie de faire ce travail », ou « j’ai très envie de travailler avec cet humain », ou encore « je ne suis pas en état de travailler aujourd’hui », etc etc etc ». Très clairement. Et pour moi, il est de la responsabilité de l’instructeur humain de savoir lire ça et de le respecter.

    Dans ce cadre, les chevaux ont le choix. Je dirais même plus qu’ils s’expriment même pour manifester ce qui les motive et leur fait du bien, ou pas. En tous cas c’est ce que je constate et c’est de cette manière que je fonctionne.
    Il me semble important que l’instructeur se sente pour partie responsable de proposer au cheval des modalités qui vont lui permettre de gérer l’éventuel impact émotionnel répétitif que cela peut avoir sur lui : un cadre de vie lui permettant d’avoir une vie sociale et de l’espace de liberté pour être cheval, des fréquences et des natures d’interactions adaptées à la personnalité du cheval, et le respect des signaux de motivation ou de démotivation du cheval.
     

    Enfin, je voudrais aussi signaler que si nous avons tendance à penser en 1er lieu aux impacts « négatifs » que pourraient avoir les interactions avec les humains sur le cheval, il faut aussi penser qu’il peut y avoir des impacts positifs. En particulier quand nous laissons un espace de choix pour le cheval. Ce qui est le cas normalement dans l’approche Eponaquest. J’ai personnellement constaté des états de mieux-être chez des chevaux qui n’aimaient pas leur travail d’équitation mais qui se sentaient valorisés et reconnus dans ce travail de développement personnel ou de leadership, des états physiques aussi de mieux être (meilleure forme, meilleure motivation, meilleure énergie, etc) après des interactions avec des humains, etc. L’interaction humain-cheval, si elle peut être un soin pour l’humain, peut aussi être un soin pour le cheval. Et en aucun cas je ne parle là d’antropomorphisme.
     

    Voilà, je livre ce partage avec sincérité et plaisir, sur ce sujet qui m’apparaît essentiel dans ma pratique.
    Et je suis intéressée par vos retours sur ce sujet !

    Très belle journée à tous,
    A très bientôt pour le programme des stages 2014
    Carole
    www.lepouvoirdeschevaux.com

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