En février 2026, lors du voyage expérientiel au Kenya « L’intelligence du lien », nous avons assisté à une scène que je n’oublierai pas. Dans la réserve d’Ol Pejeta, au pied du mont Kenya, des centaines de zèbres, des girafes et plusieurs familles d’éléphants se sont succédé autour d’un point d’eau.
Chacun de nous est resté captivé, dans un moment d’une grande intensité silencieuse. Nous avons choisi de rester. De faire partie de la scène, en conscience, en dérangeant le moins possible. Cela a duré très longtemps.
Le silence, la concentration, la fluidité
Ce qui nous a marqués d’abord, c’est le calme. Des centaines d’animaux, et presque aucun bruit. Pas d’agitation, pas de bousculade. Chacun semble savoir où il est, où sont les autres, et quand c’est son tour. Les mouvements s’enchaînent avec une fluidité qui donne l’impression d’une chorégraphie, sans que personne ne semble la diriger.
Les sentinelles
Le point d’eau est un lieu essentiel, et un lieu à risque. Pour boire, il faut baisser la tête, se rendre moins attentif à ce qui approche.
Nous avons vu à l’œuvre l’organisation du groupe : certains individus restent en retrait, la tête haute, tous les sens en éveil. Ce sont les sentinelles. Grâce à elles, les autres peuvent, tour à tour, se détendre suffisamment pour aller boire. Puis les rôles changent.
Et les rôles ne s’arrêtent pas à la sécurité. Il y a ceux qui motivent, ceux qui emmènent, ceux qui soutiennent, ceux qui jouent. Chaque individu a sa place, et cette place compte pour le collectif.
Des corps qui perçoivent et qui réagissent
Ce qui m’a le plus marquée, c’est ce dont leurs corps sont capables. Une agilité impressionnante d’abord : une capacité physique à réagir vite, instantanément, au moindre signal. Et une perception d’une grande finesse. Les zèbres, comme tous les mammifères, nous compris, utilisent leur corps comme une caisse de résonance : pour percevoir ce qui vient de l’environnement, des autres et d’eux-mêmes, et pour émettre à leur tour des informations. Et entre espèces différentes, zèbres, girafes, éléphants, les interactions se jouaient avec la même justesse.
Un résumé vivant de la communication sentiente
En un seul moment au bord de l’eau, nous avons vu se dérouler sous nos yeux les piliers de ce que Linda Kohanov appelle la Communication Sentiente : une communication sensible et consciente, qui passe par le corps autant que par les mots. C’est une spécialité de l’approche Eponaquest, dans laquelle je suis certifiée, et elle fait partie de ce que je fais développer dans mes programmes, pour aller vers notre plein potentiel.
Je ne crois pas qu’il faille calquer nos vies humaines sur celles des zèbres. Mais je me suis surprise, ce jour-là, à me poser quelques questions.
Dans nos équipes, nos familles, qui veille pour que d’autres puissent se détendre ? Et laissons-nous parfois quelqu’un veiller pour nous ?
Quelle place prenons-nous dans nos collectifs : celle qui nous ressemble, ou celle qu’on attend de nous ?
Qui motive, qui emmène, qui soutient, qui joue ? Ces rôles circulent-ils, ou restent-ils figés ?
Nos corps perçoivent tant de choses : les écoutons-nous ?
Face à ceux qui sont différents de nous, avons-nous cette même justesse dans nos interactions ?
Et nous, nous sentons-nous faire partie intégrante de la vie, du monde qui nous entoure ? Quel rapport entretenons-nous avec lui ?
Les rôles, la place de chacun, la précision, l’interaction. Leur courage aussi. Et la beauté, tout simplement.
Finement apprenant. Profondément inspirant.
Ces voyages expérientiels au Kenya ont lieu de temps en temps, autour de l’intelligence sociale des chevaux et des grands herbivores. Pour en savoir plus : Voyage au Kenya.
