« Quelle est la bonne formation pour devenir équicoach ? » C’est l’une des questions qu’on me pose le plus souvent. Et je crois qu’elle n’a pas de réponse unique. Il n’existe pas une bonne formation. Il existe des formations qui seront bonnes pour vous, selon votre projet, et selon un certain nombre de critères de professionnalisme.
Se former est devenu la norme. L’enquête métier menée par le SynPAAC à l’été 2025 montre que presque tous les nouveaux équicoachs, installés depuis moins de trois ans, sont passés par une formation au métier. Contrairement aux pionniers qui ont défriché ce métier il y a quinze à vingt ans, il est désormais possible d’acquérir les compétences dans une école, et de profiter de l’expérience des formateurs.
Mais il n’est pas facile de s’y retrouver. À ce jour, le métier n’est pas réglementé en France. Les formations se multiplient, et elles sont d’une très grande diversité : dans leurs objectifs, les compétences transmises, la pédagogie, les prérequis, la durée. Certaines durent quelques jours, d’autres plusieurs mois, voire deux ans. Entre 15 heures et 400 heures de formation, ce n’est évidemment pas le même contenu qui est transmis. Cela ne veut pas dire que l’une est meilleure que l’autre : elles ne s’adressent pas aux mêmes personnes, ni aux mêmes projets.
Voici les questions qui me semblent essentielles pour s’y retrouver.
1. Quel est mon projet ?
Avant de regarder les formations, je vous invite à regarder votre propre projet. Qui êtes-vous, quelles compétences avez-vous déjà ?
À qui avez-vous envie de vous adresser : des particuliers, des professionnels, des entreprises, des associations ?
Sur quel type de problématiques : le bien-être, le développement personnel et l’intelligence relationnelle, le développement de compétences professionnelles comme le leadership, ou encore la cohésion d’équipe et le team building ?
Et selon quelle modalité : en individuel, en animant un collectif, ou en accompagnant un groupe dans une approche systémique ?
Une formation tournée vers les équipes en entreprise ne transmet pas du tout la même chose qu’une formation tournée vers le bien-être des particuliers. Une fois votre projet plus clair, vous pourrez vérifier la cohérence entre ce que vous cherchez et ce que propose chaque formation.
2. Quelles compétences la formation transmet-elle ?
Depuis plusieurs années, les organisations professionnelles du secteur, dont le SynPAAC, travaillent à définir ce métier et à structurer les formations. Elles s’accordent sur trois grands blocs de compétences.
L’accompagnement humain, d’abord : savoir accompagner une personne ou un groupe.
La connaissance fine des équidés, ensuite. Il ne s’agit pas forcément d’être cavalier, mais de savoir lire le comportement d’un cheval, savoir le gérer, et assurer une interaction dans les meilleures conditions possibles, pour l’humain comme pour le cheval.
Enfin, la capacité à concevoir et conduire des activités expérientielles apprenantes, avec des chevaux. On l’oublie parfois : il ne suffit pas d’être coach et cavalier pour exercer ce métier.
À ces trois blocs s’ajoutent deux compétences que je trouve tout aussi importantes. La capacité à prendre du recul sur sa propre pratique, reconnue aujourd’hui comme un facteur de qualité dans un métier où l’on travaille souvent seul : elle permet d’exercer avec intelligence plutôt que d’appliquer des recettes. Et la compétence d’entrepreneur : la plupart des équicoachs créent leur propre activité, et doivent donc savoir communiquer, vendre et gérer.
Posez-vous alors la question : où ai-je déjà des compétences, et où dois-je en acquérir ? Si vous partez de zéro sur les trois blocs, vous aurez besoin d’une ou de plusieurs formations qui les couvrent tous, ce qui est rare. Une formation courte, elle, sera souvent spécialisée sur l’un d’entre eux, ou abordera les compétences plus rapidement, en surface. L’important est de choisir en toute connaissance de cause.
Regardez aussi la cohérence entre la durée annoncée et ce que la formation promet de transmettre : peut-elle couvrir toutes les compétences que vous avez besoin d’acquérir, avec la profondeur que vous souhaitez, en ce temps-là ?
3. Quelle vision, quelles valeurs, quelle pédagogie ?
Au-delà du programme, chaque école a sa vision du métier. Certaines sont plutôt intuitives, d’autres plus spirituelles, d’autres plus scientifiques, appuyées notamment sur les neurosciences, d’autres encore mêlent un peu de tout cela. Laquelle vous parle ?
Les approches diffèrent aussi très concrètement. Quelques exemples parmi les plus fréquents :
Les outils. Certaines écoles transmettent des interactions avec les chevaux sans aucun outil. D’autres utilisent une longe ou un stick, comme moyen de communication, ce qui ne veut pas dire tenir ou contraindre le cheval.
La place du cheval. Certaines approches le considèrent comme un partenaire à part entière, et interrogent son consentement : s’il n’est pas disponible, la priorité lui est donnée. D’autres considèrent plutôt qu’un cheval peut interagir à tout moment.
La façon d’apprendre. Certaines écoles privilégient un apprentissage progressif, pas à pas. D’autres plongent plus directement dans le grand bain.
La part de pratique. Certaines formations proposent beaucoup de mises en pratique, d’autres beaucoup moins.
La taille du groupe. Se former à 4 ou à 12 stagiaires, ce n’est pas la même expérience : ni le même temps de pratique pour chacun, ni la même attention de la part des formateurs.
Il ne s’agit pas de dire qu’il existe une bonne et une mauvaise approche, mais de trouver celle avec laquelle vous vous sentez en cohérence.
Regardez enfin les valeurs : celles qui sont affichées, et celles qui sont incarnées, par l’école et par ses formateurs, dans leur façon de parler des humains, des chevaux et du métier. Et regardez l’ensemble du parcours proposé.
4. Comment se renseigner ?
Quand vous contactez un organisme de formation, demandez le programme, la pédagogie, les prérequis, les tarifs. Renseignez-vous aussi sur l’expérience des formateurs : depuis combien de temps pratiquent-ils, et depuis combien de temps forment-ils ?
Essayez, si possible, de voir le formateur pratiquer, ou d’expérimenter son approche, par exemple lors d’un atelier. Écoutez-le en interview ou en conférence. Regardez s’il adhère à un syndicat professionnel, et s’il s’est engagé à respecter un code de déontologie du métier, comme celui du SynPAAC.
N’hésitez pas à parler à d’anciens stagiaires, y compris à des personnes que vous trouvez vous-même, et qui ne sont pas prévenues de votre appel. Là encore, l’idée n’est pas de savoir si elles ont trouvé la formation « bien » ou « pas bien », mais de vous demander : dans ce qu’elles me racontent, est-ce que je me retrouve, moi, avec mes compétences et mon projet ?
5. Et le prix, le financement, le certificat ?
Le prix compte, bien sûr. Mais ne regardez pas que lui : une formation de six jours et une formation de cinquante jours n’ont ni le même contenu, ni le même investissement, en temps comme en argent. L’essentiel est de ne pas être déçu, et surtout d’acquérir les compétences qui serviront votre projet.
Pour être finançable, par exemple par un OPCO, une formation doit être dispensée par un organisme certifié Qualiopi. Cette certification atteste de la qualité des processus de l’organisme, pas du contenu de la formation.
Pour être éligible au compte personnel de formation (CPF), elle doit en plus être inscrite au Répertoire spécifique de France Compétences. Son certificat est alors officiel aux yeux de l’administration. Mais une formation inscrite n’est pas forcément meilleure : elle répond au cahier des charges de l’État, très orienté vers l’employabilité. C’est pourquoi on trouve peu de formations tournées vers le développement personnel dans ce répertoire, ce qui ne dit rien de leur qualité.
Un métier qui se structure
Ce métier est en train de se structurer. Les organisations professionnelles y travaillent, et des communautés de professionnels se créent, où l’on peut continuer à échanger et à se former après la formation. On n’est plus condamné à rester seul dans son coin. C’est aussi un critère à regarder : comment vais-je, ensuite, continuer à grandir dans ce métier ?
Je forme moi-même des équicoachs, au sein de l’approche Medicine Horse Way. Si vous vous posez ces questions et que vous souhaitez en parler, avec ou sans projet de formation chez moi, n’hésitez pas à me contacter.
