Carole Thomas, la main posée sur un grand cheval blanc, dans un sous-bois de Provence

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Peur ou vulnérabilité ? La distinction qui change tout

Face à une situation qui nous met mal à l’aise, nous ne nous disons souvent rien. Et si nous nous posons la question, nous nous disons que nous avons peur. Parfois, nous nous énervons. Rarement, nous reconnaissons que nous nous sentons vulnérables.

C’est souvent là que tout se joue. Car la peur et la vulnérabilité se ressentent de façon très semblable dans le corps. Pourtant, selon l’approche que je pratique, elles ne disent pas du tout la même chose, et n’appellent pas du tout la même réponse. Les confondre peut nous faire passer, sans le savoir, à côté d’une belle occasion de nous rapprocher de notre être authentique.

Une émotion est une information

Dans l’approche que j’ai apprise auprès de Linda Kohanov, elle-même nourrie notamment des travaux de Karla McLaren sur le langage des émotions, et que les chevaux m’ont confirmée jour après jour, une émotion n’est ni bonne ni mauvaise. C’est une information, qui appelle une action. Chaque émotion porte un message.

Le message de la peur est simple : un danger réel, extérieur, me menace. L’action juste, c’est de me mettre en sécurité.

Le message de la vulnérabilité est tout autre : une croyance ou un comportement limitant vient de s’activer en moi. Rien ne me menace réellement. C’est une partie de moi qui se croit en danger.

Un exemple

Je pense à une instructrice fraîchement diplômée, très inquiète à l’idée d’animer son premier atelier. Elle disait : « J’ai peur. »

Mais les participants n’allaient pas l’attaquer. Aucun danger extérieur ne la menaçait. Le danger était à l’intérieur, fabriqué par une croyance du type « je ne suis pas à la hauteur, je vais être ridicule ». Ce n’était pas de la peur. C’était de la vulnérabilité.

Pourquoi cette confusion coûte cher

Si je traite une vulnérabilité comme une peur, j’applique la mauvaise réponse : je me mets à l’abri. Par exemple, j’annule l’atelier.

Sur le moment, c’est un soulagement. Mais je passe à côté de l’expérience qui aurait pu me montrer que j’en étais capable. La croyance sort renforcée. Les fois suivantes risquent d’être plus difficiles encore, et ma zone de confort, probablement plus étroite.

Car la zone de confort n’est pas l’endroit où l’on grandit. C’est l’endroit où nos croyances limitantes se sentent en sécurité.

À l’inverse, traverser sa vulnérabilité peut élargir considérablement notre conscience : de nous-mêmes, des autres, du monde. À condition de savoir la gérer avec justesse, pour que l’expérience soit constructive.

Pourquoi c’est si inconfortable

Si c’était si simple, nous le ferions tous. Mais la vulnérabilité est profondément inconfortable. La croyance qui vient de s’activer fait tout pour nous convaincre que nous serions tellement mieux à l’abri. Et dans nos sociétés, paraître faible est souvent vécu comme dangereux. C’est aussi pour cela que la vulnérabilité se déguise parfois en colère : il arrive que l’on s’énerve, alors que c’est notre vulnérabilité qui parle.

Il y a, derrière cet inconfort, des mécanismes que l’on peut comprendre, et que les chevaux, grands herbivores, éclairent d’une façon particulièrement juste. Je les détaille dans ma masterclass.

Ce que les chevaux nous apprennent

Les chevaux perçoivent une grande part de ce qui nous habite, y compris ce dont nous n’avons pas conscience. Grands, puissants, ils nous placent naturellement, à leurs côtés, dans une zone de vulnérabilité. Et c’est précisément cette zone qui est propice à l’apprentissage.

Auprès d’eux, il devient possible de reconnaître ce qui se joue, et d’apprendre peu à peu à habiter sa vulnérabilité sans paniquer. C’est ce que nous vivons ensemble dans mes programmes.

Bien traitée, la vulnérabilité n’est pas une faiblesse. C’est une opportunité de nous reconnecter à notre authenticité.


Pour aller plus loin, je vous propose ma masterclass La vulnérabilité (1 h, en accès libre). Et pour la vivre auprès des chevaux, le Programme NOW.